Taux de réussite en licence de sciences : les chiffres officiels
Sciences et santé affiche le taux de réussite le plus bas des grands groupes disciplinaires, alors même que c'est la filière qui recrute le plus de bacheliers généraux. Les chiffres officiels, et leur explication.
- En sciences et santé, 30,3 % des bacheliers obtiennent leur licence en trois ans et 43,8 % en trois ou quatre ans, le taux le plus bas des grands groupes disciplinaires.
- C'est pourtant le groupe où la part de bacheliers généraux est la plus forte (88,1 %) — mais pas celui qui compte le plus de mentions « Bien » ou « Très bien » (21,9 %, contre 28,1 % en droit).
- L'écart le plus fort ne vient pas de la filière mais de la mention au bac : 74,9 % pour les « Très bien », 54,2 % pour les « Assez bien ».
Les chiffres officiels, et d'où ils viennent
Les données ci-dessous proviennent de la Note Flash SIES n° 30 de novembre 2024, publiée par le ministère de l'Enseignement supérieur. Elle suit les bacheliers 2019 inscrits en première année de licence à la rentrée 2019, et mesure combien ont obtenu leur diplôme.
| Groupe disciplinaire en L1 | Bac généraux | Mentions B / TB | En 3 ans | En 3 ou 4 ans |
|---|---|---|---|---|
| Droit, sciences politiques | 86,8 % | 28,1 % | 33,8 % | 47,3 % |
| STAPS | 82,9 % | 10,9 % | 35,5 % | 46,2 % |
| Sciences économiques, AES | 82,0 % | 18,0 % | 34,7 % | 45,8 % |
| Arts, lettres, langues, SHS | 78,8 % | 21,3 % | 35,8 % | 45,7 % |
| Sciences - santé | 88,1 % | 21,9 % | 30,3 % | 43,8 % |
| Ensemble | 82,7 % | 21,2 % | 34,3 % | 45,7 % |
Ce qui pèse le plus : la mention au bac
À filière égale, le facteur le plus discriminant est le résultat obtenu au baccalauréat. La réussite en licence atteint 74,9 % chez les bacheliers mention « Très bien », 68,7 % pour les « Bien » et 54,2 % pour les « Assez bien ».
Cela ne signifie pas que le sort est joué. Cela signifie que les habitudes de travail acquises avant l'entrée à l'université pèsent plus que le contenu des cours, et qu'elles se rattrapent, mais volontairement, pas par hasard.
La première année est le vrai filtre
Toutes disciplines confondues, le taux de passage en deuxième année s'établit à 47,8 % à la session 2023, en progression de 3,8 points. En sciences et santé, il monte à 48,6 %, le meilleur de tous les groupes disciplinaires, devant les STAPS (45,9 %). Le redoublement en première année concerne 25,4 % des inscrits.
Ce contraste mérite d'être lu correctement : les étudiants en sciences passent en L2 un peu plus souvent que les autres, mais obtiennent leur licence un peu moins souvent. La casse ne se concentre donc pas uniquement en première année, elle se répartit sur les trois.
Les femmes obtiennent leur licence à 50,5 %, les hommes à 38,4 %. La Note Flash attribue cet écart, au moins en partie, à un meilleur profil scolaire moyen : les étudiantes sont plus nombreuses à détenir un baccalauréat général (+3,6 points) et à avoir obtenu une mention « Très bien » ou « Bien » (+9,1 points).
Comment lire ces chiffres quand on est concerné
Un taux de réussite décrit une population, pas une trajectoire individuelle. Ce qu'il indique d'utile, c'est où ça casse : au premier semestre de première année, sur le format des partiels, et pas sur la difficulté intrinsèque des notions de biologie.
C'est aussi ce que disent les enseignants : les étudiants qui décrochent ne sont presque jamais ceux qui ne comprennent pas le cours, mais ceux qui découvrent trop tard qu'un semestre entier se révise en quinze jours.
Le paradoxe des sciences : meilleurs profils, moins bons résultats
C'est le résultat le plus contre-intuitif de la Note Flash. Sciences et santé est le groupe disciplinaire qui recrute le plus de bacheliers généraux de toute l'université, 88,1 %, devant le droit (86,8 %) et loin devant les lettres et langues (78,8 %). Et c'est celui qui affiche le plus mauvais taux de réussite : 43,8 % en trois ou quatre ans, contre 47,3 % en droit.
L'écart est encore plus net sur la réussite en trois ans, celle qui compte quand on veut enchaîner sur un master : 30,3 % en sciences, contre 34,3 % en moyenne et 35,8 % en arts, lettres et langues.
Trois réserves de lecture, parce que ce paradoxe est plus fragile qu'il n'y paraît. D'abord, « le plus de bacheliers généraux » ne veut pas dire « les meilleurs bulletins » : sur la part de mentions « Bien » et « Très bien », les sciences sont à 21,9 %, derrière le droit (28,1 %). Ensuite, le groupe « sciences-santé » ne recouvre pas la licence SVT : il englobe les maths, la physique, la chimie, l'informatique et les parcours d'accès aux études de santé, dont 5,6 % des néo-bacheliers rejoignent une formation de santé. Enfin, deux sous-groupes font moins bien que les sciences : l'AES (39,6 %) et les langues (40,4 %).
Reste un fait que ces réserves n'effacent pas : la filière qui accueille la plus forte proportion de bacheliers généraux est aussi celle qui diplôme le moins vite. La Note Flash attribue les écarts entre disciplines, je cite, « en partie au profil scolaire des étudiants inscrits en L1 dans chaque discipline » — en partie seulement. Elle ne dit rien de ce qui explique le reste, et se garde d'ailleurs de l'interpréter.
C'est là qu'il faut être honnête sur le statut de ce qui suit : l'hypothèse d'un effet de la forme de l'évaluation — des partiels lourds, peu nombreux, portant sur un semestre entier, avec des TP qui s'ajoutent au reste — n'est pas dans la Note Flash. C'est une lecture, pas une donnée. Elle a le mérite de désigner la seule variable sur laquelle un étudiant peut agir seul.
Le profil d'entrée explique une partie de l'écart, pas la totalité. Le reste se joue sur des choses que tu contrôles : quand tu révises, et comment. Les flashcards Pandagro sont organisées par matière et l'algorithme replace chaque notion au moment où tu es sur le point de l'oublier. 10 à 30 minutes par jour, entre deux amphis.
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Ce que les taux ne disent pas
Un taux d'obtention du diplôme mélange deux populations très différentes : ceux qui échouent aux examens, et ceux qui se réorientent. La Note Flash les distingue pour la cohorte suivante : sur les néo-bacheliers 2022, 11,4 % se sont réorientés vers une autre formation que la licence à la rentrée 2023, et 15,3 % ne se sont pas réinscrits du tout dans l'enseignement supérieur. Soit plus d'un sur quatre qui quitte la licence sans y avoir forcément échoué.
La statistique décrit donc autant un flux d'orientation qu'un niveau académique. C'est une raison de plus de ne pas lire ces pourcentages comme un pronostic personnel.
Où se joue réellement l'échec
Trois causes reviennent chez les étudiants qui décrochent : le passage d'un contrôle par chapitre à un partiel par semestre, l'absence de cadre horaire imposé, et une méthode de révision héritée du lycée qui ne tient plus à ce volume. Aucune des trois ne relève du niveau scientifique, ce que confirme le profil d'entrée de la filière.
L'origine sociale pèse aussi, et lourdement : 53,8 % des étudiants issus d'un milieu très favorisé obtiennent leur licence en trois ou quatre ans, contre 38,1 % de ceux issus d'un milieu défavorisé. Un écart de 15,7 points, un peu plus resserré que celui qui sépare une mention « Très bien » d'une mention « Assez bien » au bac (20,7 points).
Ce que font ceux qui passent
Les écarts de réussite tiennent moins au temps de travail qu'à sa répartition. Réviser un chapitre dès qu'il est terminé, puis y revenir à intervalles croissants, coûte moins d'heures qu'un bachotage de fin de semestre et résiste beaucoup mieux à l'oubli.
La méthode complète est détaillée dans notre article sur la façon de réussir ses partiels de SVT en licence.
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